Depuis les débuts de la crise du disque, on a cru que les spectacles allaient sauver l’industrie de la musique. Avec raison. Si le public débourse moins pour acheter des disques, se disait-on, ils sera plus enclin à acheter des billets de spectacles. S’il peut découvrir gratuitement de la musique sur Internet, il connaîtra plus d’artistes et ira davantage en écouter en salle. Comme aucun fichier audio ou vidéo ne peut remplacer l’expérience de voir et d’entendre des artistes sur scène et de se retrouver parmi la foule, le spectacle est à l’abri des impacts de la numérisation.
Or, d’après cet article du Guardian, Live gigs suffer as audiences stay home, les gens n’assistent pas à davantage de spectacles et ne dépensent pas plus qu’avant pour ce genre de divertissement, bien au contraire. En Europe en 2010, les recettes de spectacles de musique ont chuté de 16%! Même Bon Jovi et Paul McCartney ne sont plus arrivés à faire salle comble ou à vendre tous leurs billets au prix courant au cours de la dernière année. Est-ce une tendance qui se dessine ou simplement une mauvaise année?
Les festivals et gros événements ont cependant été épargnés et ont même enregistré une hausse, laissant croire qu’il est encore possible de sortir massivement le public de chez lui, mais qu’il faut lui donner de bonnes raisons.
Certains craignent que cette baisse de revenus de spectacles, couplée à celle du disque, entraîne de la réticence de la part des compagnies du domaine de la musique à prendre des risques et à investir dans la carrière de nouveaux artistes et qu’elle se traduise en une diminution de la diversité de la musique qui est portée aux oreilles du public.
J’ose plutôt espérer qu’avec les moyens de production, de diffusion et de promotion que les nouvelles technologies rendent accessibles au plus grand nombre ainsi qu’avec un peu de créativité, ces nouveaux artistes vont plutôt trouver des façons originales de produire leur musique, de la mettre en marché et d’en vivre. Que rien ne saura freiner le renouvellement de la musique. Qu’il n’en tient qu’à ces nouveaux artistes de prendre ou de créer les moyens de se faire entendre et d’ainsi changer les façons de faire dans le monde de la musique.
Joëlle.
Nouveaux modes de consommation de la musique
Sur son blogue, Virginie Berger, spécialiste de la musique et d’Internet, présentait hier ce graphique créé par l’entreprise 3GM sur l’état actuel et futur du marché de la musique en ligne.
Voilà un joli tour d’horizon des habitudes de consommation des mélomanes à travers le monde. Comment s’écoute la musique aujourd’hui? Qu’est-ce qui s’écoute? Sur quelle plate-forme? Quelles sont les perspectives? On peut notamment y voir que l’écoute de musique en transmission (streaming) a la cote, que la téléphonie mobile prend le pas sur l’ordinateur en tant que support et que les services musicaux tels Pandora, Vevo, Last.fm et Spotify gagnent en popularité.
Bref, on comprend que les consommateurs vont vers les technologies et les plateformes qui leur permettent d’écouter de tout, partout et en tout temps. Artistes et producteurs devront en tenir compte et rendre leur musique accessible par ces modes de consommation s’ils veulent continuer à rejoindre leur public là où il se trouve. Mais ceux qui rédigent les lois devraient également prêter attention à ces nouvelles habitudes de consommation afin de s’assurer que les artistes soient rémunérés de façon équitable pour les utilisations qui sont ainsi faites de leurs oeuvres.
Joëlle.